Le marché de la sous-traitance applicative connaît une croissance soutenue. Le choix du sous-traitant constitue un facteur déterminant de réussite des projets logiciels. La difficulté principale consiste à comparer objectivement les offres et à évaluer la performance réelle des prestataires.
Les contrats basés sur le taux journalier ou sur les jours-hommes restent très répandus. Pourtant, ce mode de comparaison est insuffisant : un taux faible peut masquer une faible productivité ou un turn-over élevé, tandis qu’un prestataire expérimenté peut être écarté en raison d’un tarif plus élevé. Le taux journalier ne reflète donc ni la qualité ni l’efficacité du travail réalisé.
Dans la plupart des cas, les devis sont établis sur une estimation en jours-hommes. Cette approche rend difficile la vérification du prix réel des travaux et ne permet pas de contrôler la productivité du prestataire, notamment lors des évolutions ou avenants contractuels.
Certains sous-traitants utilisent également des abaques techniques internes fondés sur leurs propres unités d’œuvre. Ces référentiels sont souvent peu transparents et difficiles à challenger pour le client, ce qui limite leur utilisation comme outil de comparaison.
Une alternative consiste à baser les contrats sur le volume de fonctionnalités livrées. Comme dans d’autres secteurs industriels, la mesure d’un volume permet d’objectiver la production, de comparer les offres et de mesurer l’impact des modifications fonctionnelles.
En logiciel, la taille peut être mesurée à l’aide de métriques techniques (comme les lignes de code) ou de métriques fonctionnelles qui évaluent les fonctionnalités du point de vue de l’utilisateur.
Les Points de Fonction, normalisés ISO (méthodes IFPUG et COSMIC), constituent une référence internationale pour mesurer la taille fonctionnelle d’un logiciel. Cette mesure est indépendante des technologies et fortement corrélée à l’effort de développement.
Grâce aux Points de Fonction, il devient possible de calculer des indicateurs de performance tels que la productivité (effort par PF), le coût (€/PF), la qualité (défauts par PF) ou la vitesse de livraison (PF par mois). Ces indicateurs permettent de comparer objectivement plusieurs prestataires.
Une contractualisation basée sur le volume livré améliore la transparence, facilite la gestion des changements et permet un meilleur pilotage de la performance des sous-traitants.
Sa mise en œuvre nécessite toutefois des exigences fonctionnelles claires, un modèle de coût fiable et une expertise en mesure logicielle afin de garantir des estimations cohérentes et comparables.
En conclusion, le taux journalier constitue un indicateur trompeur pour sélectionner un sous-traitant. L’utilisation d’une mesure fonctionnelle normalisée, comme les Points de Fonction, permet d’évaluer les offres sur des bases objectives, de piloter les projets et de construire une relation plus transparente et durable entre client et prestataire.